
Derrière la fenêtre, poème cut-up photo&mots sur la base d’une photo de cette série, enfance.


Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Qui a l’âge d’hier
la faim, la flamme
le juste héritage
des grands champs
Qui est sa propre terre
aucun damné
mais la pioche
pour creuser loin
©Perle Vallens

Ce matin, une fraise est née du croisement des ombres, nourrie de lumière et de la providence, de l’avide faim de la vie. Ce matin, la fraise encore blanche a rougi de l’indécence du soleil. Mise en poche et en plis du ventre, elle a vécu de la terre à la bouche son trajet droit devant sans aucune trêve, destin d’akène entre les dents.
©Perle Vallens
Numéro zéro de la revue numérique Poésiemuziketc, premier opus dédié à « Demain » au sortir du confinement. Quoi, comment… plusieurs poètes, auteurs se sont penchés sur le thème. Reset en fait partie… C’est à lire sur Calaméo.






Brûler plus loin que sa maison
les feux flanchent de la pointe
bleue vivante du ciel
comme la peur bêlante
refoulée sous les pieds
fragile fléau des perditions
la flamme toujours renaît
le relief jamais ne se fane
©Perle Vallens

Les mots furtifs se glissent de la langue à la page, en peu en vrac matinal, désordonné comme les cheveux, en bataille mal rangée. Ils se heurtent dans la bouche endormie entre le café chaud et la tranche mal mâchée. Ils s’amoncellent dans leur bulle entre les lèvres closes, retenus avant l’entrée en scène. Les mots ne retrouvent pas leur place. Ils ne retrouvent pas leur sens.
©Perle Vallens

Lésion dangereuse à l’intérieur.
Avoir encore des tripes pour digérer, une posture d’attaque pour encaisser les coups durs. Avoir de l’estomac pour ravaler l’amer.
Le dissimuler au soleil. La saveur biliaire se chasse sous le sucre des fleurs.
N’en cueillir qu’une. Laisser les autres pour demain.
©Perle Vallens

Si l’eau ruisselle dans la terre grasse l’épaisseur de nos peaux
Si l’eau charrie avec elle la grâce des corps-à-corps
Si l’eau lave nos rêves de la beauté des impuretés
Si l’eau rince avec la suie tous les souvenirs
Si l’eau assourdit les mots que l’on se criait
Si l’eau ressuie les larmes depuis longtemps tombées
Si l’eau amincit l’âme qu’on avait protégée
Si l’eau morcelle la place aimée des visages
Si l’eau efface les traces de pas au ciel
Que reste-t-il de l’essentiel ?
Que reste-t-il de l’ascension ?
©Perle Vallens

la poésie est amnésique, elle est le poids de non mémoire, de non identification.
Les mots ne disent rien de compréhensible. Les mots se cherchent juste un chemin à travers la peau. Ils vibrent en percussion que nous percevons de loin, à l’intérieur.
La rage aide à rassembler les mots perdus. Tous les mots en meute regroupés sur le-dessus se mettent parfois à hurler.
Les paroles noyées dans la nuit ne veulent rien dire, juste qu’elles se noient dans la nuit.
©Perle Vallens