collectif·Erotisme·Nouvelle·recueil

10 fantasmes de femme, en lecture numérique

Selection-10FFemmes B-Sensory

B-Sensory a regroupé 10 nouvelles de sa plateforme en recueil sur le thème des fantasmes de femme : « des relations fusionnelles, sauvages, sensuelles. Dix histoires de femmes parties à la conquête des plaisirs charnels sans tabou. Des nouvelles érotiques, fortes, passionnées, sensibles, qui explorent les diverses formes de plaisir…Stéphanie Eden, Julie-Anne de Sée, Sara Agnès L., Norah Jolly, Perle Vallens, Jean Darmen, Trinity Words, Marie Loverraz, C. Biel et Blanche de Saint-Cyr vous ouvrent la voie vers des moments de jouissance inédits ! »
Vous y retrouverez donc notamment « Seconde chance ». A lire sur amazon, google play, fnac…
Votre liseuse est :
une Kindle : retrouvez le recueil en cliquant ICI
une Kobo : retrouvez le recueil en cliquant ICI
une Cybook Muse ou Cybook Ocean ou Bookeen Saga : retrouvez le recueil en cliquant ICI
La version connectée des nouvelles de ce recueil est disponible sur le site internet de B-Sensory à lire dans l’application pour les amoureuses du Little Bird.

Erotisme

Au musée (2)

woman facing wall by John Andrea
John Andrea (woman facing the wall)

Ma tête entre dans ma poitrine, j’arrondis mes épaules vers l’intérieur, je me recroqueville pour ne laisser apparaître qu’une forme imprécise, floue. Je ne suis plus qu’un dos au bout duquel un index touche un sexe. Mon doigt frotte mécaniquement, très lentement. La caresse doit rester invisible, le mouvement ralenti, imperceptible. Ma petite frayeur, ma petite lâcheté.

Un sms commande de me redresser. Je me plaque alors contre un mur, la poitrine écrasée, le sac à terre. Je pose ma joue sur la froidure de la surface, privauté de béton qui effleure mon pubis. Je presse mon corps sur la paroi, je me laisse envahir par ce contact glacé mais qui finit par m’exciter justement par ce contraste qui me fait oublier où je suis. Du moins qui me donne l’illusion d’oublier.

Le polissage en bas a viré à une friction plus énergique. Je doute que personne ne se rende compte de ce qui se passe en dépit de mes efforts. Les doigts s’égarent plus loin. Il me semble que j’ai écarté les jambes malgré moi. Baiser un mur. La fulgurance de cette pensée qui me traverse me hante maintenant. J’imagine un glory hole, un défilé de queues ou une exposition de godemichés d’âges et d’horizons divers, des pièces de musée justement ! Je divague. Mon esprit m’emporte plus loin, c’est le bâtiment entier, vivant, qui coïte, l’air envahi d’odeurs sui generis, fluides divers qui perlent à la surface, texture chaude et douce comme la peau, ciment qui palpe, tableaux animés dont les personnages copulent puis sortent de la toile pour me toucher, me lécher. Le musée vire à l’orgie dans mon fantasme construit de toute pièce dans l’instant. Je suis sur le point de jouir, debout, calée contre cette couche lisse où je suis allongée à la verticale. L’orgasme me vient, brutal, puis j’ôte mes mains et me rajuste immédiatement, comme si de rien n’était.

A ce moment, un gardien s’approche et me demande si tout va bien, si je me sens bien. Pour garder contenance en dépit des joues en feu, je lui dit que j’aurais bien besoin d’un verre d’eau. Et c’est vrai…
©Perle Vallens

Le premier volet de « Au musée » est à lire ou relire ici.

poésie

Les yeux des morts

 

jacob-sutton
Jacob Sutton

 

Que lire dans les yeux clos des morts ?
Sous la paupière
le souvenir chuchote
à peine un battement
de cil

Où trouver les débris enfouis ?
Les cicatrices à vide
effacent la cène
en lents sillons
lourds de sens

Il a lâché la main,
la seule compatissante
L’ascension est toujours trop lente.
Ou trop rapide.
La saveur s’éteint si vite…

Quand l’enfant n’a plus de passé,
il cherche dans l’ombre d’un corps
un avenir
©Perle Vallens

 

Erotisme·Philippe Périé·poésie

Métamorphose, née d’une rencontre avec Philippe Périé, photographe

Après avoir découvert les photos très contrastées, en noir et blanc, du photographe Philippe Périé, lors de l’exposition Eros qui s’est déroulé au printemps dernier à Montélimar, est née l’idée d’une collaboration artistique, d’une mise en texte de ses photos. Pour découvrir la palette multiple de ses talents, vous pouvez vous promener sur son site.
Voici le premier croisement, la première naissance entre nous deux. Une « Métamorphose« …

poème & photo Métamorphose

poésie

La forêt

tree hugging
Aujourd’hui j’ai erré
La forêt m’a prise
m’a serrée
J’ai parlé de toi aux arbres
ils sont restés muets
Je ne suis pas emmurée
Je racle l’écorce pour entendre
la vérité
Les oiseaux ne chantent
que pour moi-même
Il savent à peine
Eux aussi finiront par
se taire
Le silence vaut mieux
parfois
©Perle Vallens
Erotisme·poésie

Cocaïne au man

ludovic Florent
Ludovic Florent

Réinventer la poudre,
s’en faire des cheveux
blanchiment argent

Souffler est jouer
étoiles poudrées
se rouler dedans

Il me couvre toute,
le jour et la nuit,
d’un seing en blanc

Loin déjà, encore là
sous les pas,
traces de dents

Lui en intraveineuse
sa voix sous la peau
limaille d’aimant

Encore ses bras
hors lui je coule
afflux de sang

L’absence écrase
tank et claque
en manque, à cran

Au bord des laves
L’oeil cherche
en vain l’amant
©Perle Vallens

poésie

Arbre

Sleepy_Hollow
L’arbre (Sleepy Hollow-Tim Burton)

 

Suint sous l’aisselle des branches,
l’arbre décapité cherche en vain
les étoiles

Des plaies coulent
un sang déjà séché

L’ossature fragile
baigne d’eau-forte
les nervures des feuilles,
un tatouage d’or

Sous l’écorce, quelque chose bouge
comme la vie qui renaît
©Perle Vallens