
Eclats de vie dispersés
Le vent n’a pas entendu le
cri
unique
Seul le silence hante encore
le vide des rails.
Les corbeaux n’auront pas le coeur
Il bat ailleurs
Loin des lambeaux de chair
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Eclats de vie dispersés
Le vent n’a pas entendu le
cri
unique
Seul le silence hante encore
le vide des rails.
Les corbeaux n’auront pas le coeur
Il bat ailleurs
Loin des lambeaux de chair
©Perle Vallens

Quand l’aube a montré ses griffes
Et qu’au premier versant boisé
Qui ne reflète que frissons
S’ouvre l’abîme des hauteurs
Quand ta robe s’ouvre à pic
Donnant le jour à ton corps tendre
Offrant tes seins lustrés soumis
Tes seins qui n’ont jamais lutté
Renoncules tigrées de plomb
Eclipses fatales aux forts
Degrés d’hermine sacrifiée
Ou quand ton visage se trouble
Ce que j’aime dans ton visage c’est l’arrivée
D’une lampe ardente en plein jour.
Paul Eluard
Illustration Jean Pierre Ceytaire

Entre mes mains
L’homme de main
tient
sa main
entre mes seins
La main de l’homme
enlace ma main
arraisonne
les doigts
un à un
L’homme
maintient
à deux mains
enserre
la chair
carmin
Sur le chemin
de mes mains
j’attends l’homme
demain
©Perle Vallens
Photo Eikoe Hosoe

Chappe empesée sur mes épaules nues
La sueur coule en fine pellicule
Comme une larme à peine retenue
Une langueur de peau que l’air macule
Etuve majeure, atmosphère charnue
Dans l’attente moite, la canicule
Me cloue impatiente en terre inconnue
Du gel attendu d’un tentacule…
Désir de l’amant à moi revenu
Je nage à contre sens quand tout bascule
L’animal perd pied, déjà s’insinue
Me berce d’une fraîcheur qui m’encule
Le marionnettiste aux gestes ingénus
S’enlise et glisse dans mon cul majuscule
Tout un bestiaire marin méconnu.
Et il joue, il s’agite, il gesticule.
Déjà la houle gronde, enfle. Continue !
Sous les chairs saturées, il inocule
Le poison si brûlant qui m’exténue
Et poupée liquide, me désarticule
©Perle Vallens
Photo Elisa Lazo de Valdez

« …Un limon granuleux couvrait partiellement l’objet serti de poussière évanescente. Soulevant à la truelle la terre avec une grande précaution, il révéla une forme rectangulaire qui semblait une tablette sculptée, encore trop couverte de débris pour laisser deviner sa surface. Il y passa la spatule puis la brosse et le pinceau, très délicatement, époussetant avec l’attention du professionnel et l’excitation de l’enfant les interstices gravés, en progressant de haut en bas. Les sillons tracés dans le minéral,se révélaient peu à peu comme par magie, laissant apparaître des glyphes étranges. Les pupilles de l’archéologue brillaient d’une fougue d’amant. Un filet de salive s’écoula de sa bouche ouverte, dans l’attente extatique du miracle qui apparaissait peu à peu sous ses yeux… »
Palimpseste, nouvelle fantastique où il est question de pétroglyphes étranges. Paru dans la revue l’ampoule (Editions de l’Abat-jour). A lire ici
http://www.editionsdelabatjour.com/20…/…/l-ampoule-n-23.html


©Perle Vallens

Une flamboyance d’été
Pétales de soie vermeilles
Un sexe corolle
©Perle Vallens
Illustration trouvée sur le net, auteur inconnu
Le langage est une peau: je frotte mon langage contre l’autre. C’est comme si j’avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots. Mon langage tremble de désir. L’émoi vient d’un double contact : d’une part, toute une activité de discours vient relever discrètement, indirectement, un signifié unique, qui est « je te désire », et le libère, l’alimente, le ramifie, le fait exploser (le langage jouit de se toucher lui-même) ; d’autre part, j’enroule l’autre dans mes mots, je le caresse, je le frôle, j’entretiens ce frôlage, je me dépense à faire durer le commentaire duquel je soumets la relation.
Roland Barthes (Fragments du discours amoureux)

Thomas descend les escaliers qui mènent à la Chambre des Amours. Un joli nom, très romantique pour une plage. A cette heure-ci, il n’y a pas grand monde. Une famille sur la droite, un couple à plusieurs dizaines de mètres et à gauche, tout près, une femme seule allongée sur les galets. Il rejoint stratégiquement ce maillot de bain noir que prolongent des cuisses galbées sous une croupe tentante. Cette anatomie lui plaît… A l’approche, les mollets ont l’air soyeux et les chevilles, si fines, attirent la main. Les siennes le démangent carrément. Mais Thomas n’a rien d’un dragueur, il est même très mauvais ; il ne compte plus les râteaux qu’il s’est pris… Dans l’immédiat, il se contente de poser sa serviette à quelques mètres et de se déshabiller un peu honteux de son corps-cachet d’aspirine. Il continue d’admirer sa voisine à la dérobée. Allongée sur le ventre, elle ne laisse rien voir de son visage, couvert d’une chevelure brune éparpillée par le vent. Sa respiration est régulière, elle semble assoupie. Thomas se dit qu’il a tout le temps. Il se lève et s’élance vers le rivage. Le jeune homme redevient l’enfant sautant dans les vagues, s’éclaboussant et plongeant dans l’eau fraîche. Sa tête ressort hirsute et il s’ébroue comme un chien sans prêter attention à la femme qui s’est levée à son tour. Elle sourit devant ces manifestations enfantines contrastant avec un corps d’homme vigoureux. Elle le détaille derrière ses lunettes de soleil, étudie les membres… »
Perle Vallens
Une rencontre « hot » sur fond d’Atlantique pour l’appel à texte Wyylde/B-Sensory « sex on the beach ».
Retrouvez L’inconnue de la chambre des Amours sur le site B-Sensory.