

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…



corps qu’on dirait sanglé exsangue
chair emboutie jusqu’à l’os embossée tremble
chair innervée de vie mais mal ravitaillée par corbeaux d’insomnie
mal nourrie chair dénutrie à teneur aigre de ferraille
chair dissoute dans l’acide d’un sang noir métallique
secrétant des billes comme des soleils surgis en pleine extinction
des brûlures dans les membres innervés de vers grouillants
membres comme amputés pourrissure de bois scié qu’on dirait chiures d’insecte
de quel cocon s’évertuent à venir me grignoter
chaque section alourdie chaque cellule dispersée
l’éclatement observé à la loupe distinguerait l’anomalie
l’œil scrute et scande
l’œil défigure lambeau par lambeau lave de bleu les apparences
l’œil inverse l’impression d’un vertige d’une gesticulation d’un visage double je
malmené de bris de verre de brindille sèche
je crisse et je tout entier crie pour expulser ses eaux usées par la bouche
décharge à ciel ouvert de pluies acides
on dirait la nuit partout tout vibre encore dans le noir
la peau pulse ne sais combien par minute peau de pierre ponce
blanchie par l’éclat led d’une ampoule trop vive lumière qui gâche le grain
l’épiderme se troue et boit tout ce qui pourrait déborder
la peau se brouille craquelée écorce rongée brunie
vieille peau flétrie se débrouille mal avec l’ombre qui rampe et recouvre
ses serpents grimpent gravitent tout autour dévorent
c’est un enfouissement une disparition dans les mains serrées des regrets
vivante mais
peut-être déjà morte
Perle Vallens
avec la mise en page, si jamais wordpress ne respecte pas, comme cela arrive parfois…

C’est le quarantième ciné-poème, et j’ai choisi le début d’Apocalypse Now de Ford Coppola. Le titre : dernière brûlure avant la fin. Mais c’est loin d’être fini avec cette série vidéo !
Après ce prologue, voici le premier caviardage « inversé » tiré d’un vieux SAS, à la façon de Tiphaine Rault.



la peau n’est pas palimpseste
nombreuses histoires restent dans les pores
peut-être muettes
peut-être mortes
se réveilleront par révélation
à la lumière
on espère que ce sera
un éblouissement
Perle Vallens
Ce nouvel épisode de Mange tes mots est sur la citation de Alejandra Pizarnik « Je m’habille de cendres » et sera diffusé aujourd’hui à 18h00. Je suis heureuse de participer à nouveau à ce podcast poétique, c’est toujours une écoute riche, enchanteresse pour les oreilles et la tête. Le texte que j’ai mis en voix s’intitule Feinter l’anthracite.
Voici le sommaire de cet épisode #24 de Mange tes mots. Bonne écoute !

Merci à Benjamin Milazzo d’avoir sélectionné ce texte pour la revue Miroir, dans le cadre des ateliers d’écriture animés par Laura Vazquez.


Voici un nouveau vidéo-poème en collaboration avec le compositeur Benjamin Aït-Ali, sur un extrait de la pièce Iter Laternis. C’est la seconde fois, après Ce que la terre dit. Un peu kafkaïen, un peu lynchien… Bon visionnage !
Retour du caviardage sous une forme différente en raison de la qualité médiocre, très absorbante du papier, qui interdit mon usage habituel de l’encre de Chine. Ce sera en quelque sorte un caviardage inversé, hormis pour le prologue ci-dessous.
Le tout est tiré d’un vieux SAS, retrouvé au fin fond d’un grenier.



Il s’agit cette fin d’année dans le Jeudi des mots d’aborder le corps du poète, depuis le corps des mots, où comment dans le corps nous vient la poésie, quel instant de douleur ou de plaisir, quel instant de grâce ? J’apporte mon grain de sel avec une photographie « arrangée » et un poème.





