Les Rencontres Estivales de la Velouse sont terminées mais les expositions de photo-poèmes et projections de vidéo-poèmes sont toujours visibles à Charly (Cher) et ce, jusqu’au 10 septembre. Voici l’un des photo-poèmes d’une seconde série (après celui-ci).
Il faut toujours l’odeur de la lumière saveur plus vaste comme illimitée pour me guider à reculons dans l’enfance à travers le geste rond et délicat surgit le souvenir aiguisé la déchirure donc où se cherche et se trouve quelque chose qui ressemble à une fragilité sur le point de s’ouvrir s’offre fleur virale dans le même caractère de turgescence que ma jeunesse encore vive sous la peau
Elles ont teinte et dents fauves les années lourdes qui vident éventrée tripes à l’air cet air pourtant qui me porte a laissé passer éclaircie une brèche au ciel couché sa découpe horizontale une zébrure sur une joue selon le modèle toujours en vogue d’un désir porté en visière
A l’air qui m’entoure se mêle une voix déchirée une chute annoncée pour qui n’a pas le caractère d’enfants sages sur le noir qui monte aux yeux ce qui tremble est contorsion de l’esprit Quelle différence y a-t-il entre craintif et peureux Perle Vallens
Naïade est un montage photographique devenu vidéo-poème, réalisé à partir de photographies d’un shooting déjà ancien avec Lara/FlosVoluptasdesbois, et de vidéos encore plus anciennes de lumières sur un plan d’eau à proximité de chez moi.
j’entretiens des relations anonymes sous couvert d’identité difficile à conjuguer calquée sur leurs noms factices
tous mes prétextes sont bons pour entretenir un irréel de compétition jusqu’à la nausée jusqu’à vider ma bouche trop pleine de théories qui alimentent les rumeurs d’évasions humorales
je flanche sur des épaules mal consolidées je vais en voies d’acharnement thérapeutique eux déchantent d’avoir conquis trop vite leur droit du sol ces maladies du cœur mal soignées Perle Vallens
Voici l’un des photo-poèmes d’une série de 5, qui seront présentés lors des Rencontres estivales de la Velouse à Charly (aux côtés de deux autres séries de photo-poèmes, de deux poèmes graphiques et de quatre vidéo-poèmes). Si vous êtes dans le Cher en août, passez-y !
ce tralala de bruits blancs de faux cris de vrais effets spéciaux garantis 100% percussion oubli progressif du corps un peu de rouge sur la pellicule un peu marbrée le temps de perdre la notion de le temps de perdre son temps le scénario ne se renouvelle pas ce qui se loge dans le ventre se laisse distancer balancelle où mes feuillages florissants mes froufrous de peau les seules prisons choisies se frottent à la hanche ce qui pointe de fruit rien de défendu ou tout je me déchire en deux mais rien ne me remplit Perle Vallens
Merci à la revue Hélas d’annoncer dans son agenda l’exposition à venir de photo-poèmes et vidéo-poèmes lors des Rencontres Estivales de la Velouse, annoncées il y a quelques jours et que vous pouvez retrouver dans la rubrique ci-dessus AGENDA/LECTURES/ATELIERS. Le volet expositions du festival commence dès le 10 août.
Tu ronges depuis le bord externe de l’ongle, taillant, épointant, limant l’irrégularité que tu as toi même créée. Il faut retrouver la forme ovale, harmonieuse, l’arrondi que tu t’appliques à rectifier, il faut éliminer les défauts, les découpes de travers, les départs à l’oblique. Le son crisse, celui de tes dents qui entament et mordillent. Le son te remonte dans l’os de la mâchoire jusqu’à celui du tympan, créée une caisse de résonance, son marteau, ses crispations.Tu ébarbes, tu rognes les petites peaux, les cuticules, tu tires dessus avec les dents puis tu replies les doigts à l’intérieur de la paume. Tu observes, tu détailles chaque progression, les dimensions rétrécies, tu sais que dans peu de temps, ce sera trop tard, que tu ne pourras plus rien faire ni poser un vernis ni même des faux ongles, il n’y aura plus assez de surface pour une manucure de secours. Tu arracheras ce qui subsiste de crasse sentimentale sous la cornée. Tu racleras, tu suceras, ravalant chaque mot perdu sous le bombé blanc, la lunule encore vierge de ta rage et buvant les dernières paroles, le suc planqué sous la rainure. Après, tu t’attaqueras à la chair, détachant de petits morceaux, d’infimes éclats de peau, d’insignifiantes parcelles du territoire, du pourtour de l’ongle, parfois jusqu’au sang. C’est à la première tache laissée sur ta manche que tu te diras qu’il faut que tu arrêtes cette détestable manie, ce geste compulsif, ronger tes ongles jusqu’à l’os. Perle Vallens