poésie

Fille de novembre

November Girl by Sam Haskins (1967)
November Girl by Sam Haskins (1967)

Le ciel croule sous l’errance noire
d’un toit infini qui s’enroule
en lierre de pluie
défausse profonde de l’espoir

La fille déroule
sa peau de chagrin
écorchée vive
menu larcin
le cœur vidé
et les mains pleines
d’amour usurier

Lourd dessein
d’un hiver
sans fin
©Perle Vallens

poésie

Perle dans la pluie

pluie perles

Boîte de Pandore refermée
remisés les derniers rêves
foulés aux pieds

Chair encapsulée
rien à cirer, cachetée
sans ouvre-boîte
ni boîte-à-lettres
Oblitération sans foi
ni toi

Jeter au silence
les derniers maux
comme aux orties
lacérés
aux barbelés

Jeter au puits
verser à l’oubli
les voyelles tues
de trop aimer
les mots froissés
une boule
sous la peau
une perle
dans la pluie
©Perle Vallens

poésie

Les yeux des morts

 

jacob-sutton
Jacob Sutton

 

Que lire dans les yeux clos des morts ?
Sous la paupière
le souvenir chuchote
à peine un battement
de cil

Où trouver les débris enfouis ?
Les cicatrices à vide
effacent la cène
en lents sillons
lourds de sens

Il a lâché la main,
la seule compatissante
L’ascension est toujours trop lente.
Ou trop rapide.
La saveur s’éteint si vite…

Quand l’enfant n’a plus de passé,
il cherche dans l’ombre d’un corps
un avenir
©Perle Vallens

 

Erotisme·Philippe Périé·poésie

Métamorphose, née d’une rencontre avec Philippe Périé, photographe

Après avoir découvert les photos très contrastées, en noir et blanc, du photographe Philippe Périé, lors de l’exposition Eros qui s’est déroulé au printemps dernier à Montélimar, est née l’idée d’une collaboration artistique, d’une mise en texte de ses photos. Pour découvrir la palette multiple de ses talents, vous pouvez vous promener sur son site.
Voici le premier croisement, la première naissance entre nous deux. Une « Métamorphose« …

poème & photo Métamorphose

poésie

La forêt

tree hugging
Aujourd’hui j’ai erré
La forêt m’a prise
m’a serrée
J’ai parlé de toi aux arbres
ils sont restés muets
Je ne suis pas emmurée
Je racle l’écorce pour entendre
la vérité
Les oiseaux ne chantent
que pour moi-même
Il savent à peine
Eux aussi finiront par
se taire
Le silence vaut mieux
parfois
©Perle Vallens
Erotisme·poésie

Cocaïne au man

ludovic Florent
Ludovic Florent

Réinventer la poudre,
s’en faire des cheveux
blanchiment argent

Souffler est jouer
étoiles poudrées
se rouler dedans

Il me couvre toute,
le jour et la nuit,
d’un seing en blanc

Loin déjà, encore là
sous les pas,
traces de dents

Lui en intraveineuse
sa voix sous la peau
limaille d’aimant

Encore ses bras
hors lui je coule
afflux de sang

L’absence écrase
tank et claque
en manque, à cran

Au bord des laves
L’oeil cherche
en vain l’amant
©Perle Vallens