poésie

Arbre

Sleepy_Hollow
L’arbre (Sleepy Hollow-Tim Burton)

 

Suint sous l’aisselle des branches,
l’arbre décapité cherche en vain
les étoiles

Des plaies coulent
un sang déjà séché

L’ossature fragile
baigne d’eau-forte
les nervures des feuilles,
un tatouage d’or

Sous l’écorce, quelque chose bouge
comme la vie qui renaît
©Perle Vallens

Actualité·Erotisme·poésie

Les bijoux – Charles Baudelaire

Il est mort il y a 150 ans. Rendons hommage au poète… avec un poème que j’adore, les Bijoux, illustré idéalement par une photo de Marc Lagrange.
Marc Lagrange

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

Actualité·anthologie de poésie·Editions des Embruns·Erotisme·poésie

Corps Naufragé dans « Naufrages et épaves »

Naufrages et épaves est un ouvrage collectif d’une toute nouvelle maison d’édition, les Editions des Embruns, créée par Jean-Baptiste Seigneuric. Y participent une trentaine d’auteurs et illustrateurs, poésie classique ou contemporaine, nouvelles, contes, diverses narrations oniriques classées par thématiques.
L’océan, les tempêtes, les créatures marines… Tels sont les ancrages du livre et plus généralement des Editions des Embruns.

naufrages et épaves

Je suis heureuse d’y signer Corps naufragé, un poème érotique, classique versification en hommage aux grands poètes du XIXème siècle, dont voici le début :

Je m’abreuve à l’océan sombre de ses yeux,
Je bois à vif l’écume fraîche de sa bouche
Sirène allongée à l’ombre de ses cieux
Et bercée encore par sa main qui me touche (…)

Corps naufragé PV

Actualité·poésie·Revue littéraire & fanzine

Eveil (paru dans la revue Lichen)

sable

Sarclée la glaise baignée de sel
lentement renaît le long de la grève
Saoûle et pantelante, c’est une terre arable
où moussent les herbes-fanes, fines dentelles
vêture de corps en vers
d’une voix comme un voile
Viscéral contour d’une jachère qui s’éveille
brunis les blés au soleil trop lourd
Arrachée la moisson échouée
à la saison des labours
À quoi penses-tu, sinon aux rides sur le sable ?

©Perle Vallens

Le numéro d’août de la revue Lichen est paru, avec de belles voire très belles choses à lire.
On y retrouve Eveil, poème tiré du recueil Poupée (qui cherche éditeur, avis…), à lire ici.