
La Revue Métèque #5 « France », renaît à l’initiative de son créateur Jean-François Dalle, y est à lire le poème « Résiliée » d’une République putassière.
Vous pouvez trouver ici cette revue littéraire thématique, co-signée par 35 auteurs.
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

La Revue Métèque #5 « France », renaît à l’initiative de son créateur Jean-François Dalle, y est à lire le poème « Résiliée » d’une République putassière.
Vous pouvez trouver ici cette revue littéraire thématique, co-signée par 35 auteurs.

Suint sous l’aisselle des branches,
l’arbre décapité cherche en vain
les étoiles
Des plaies coulent
un sang déjà séché
L’ossature fragile
baigne d’eau-forte
les nervures des feuilles,
un tatouage d’or
Sous l’écorce, quelque chose bouge
comme la vie qui renaît
©Perle Vallens

La nuit n’en finit pas de tomber
grosses gouttes sous la paupière
Le bleu scintille
sous le voile d’insomnie
qui se fripe
entre deux mots
armés
Il faudrait réinventer le noir
©Perle Vallens

L’air pigmente un ailleurs
la trace des nuages
ouvre l’espace blanc
au-dessus de l’âtre
fumigènes endoloris
de l’absence
comme un flottement
dans le vert flou
des collines
©Perle Vallens

L’oeil de velours
cligne
en estive
lente déclive du soleil
sur les monts
mobiles
Blonde, l’encolure
chasse les collines
dans un flottement
la lenteur du ciel
Sous l’ornière
le sillon creuse l’ardeur
crève les derniers
effeurements de chaleur
©Perle Vallens
Il est mort il y a 150 ans. Rendons hommage au poète… avec un poème que j’adore, les Bijoux, illustré idéalement par une photo de Marc Lagrange.

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.
Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.
Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;
Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,
S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.
Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !
Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

Nuage éparpille
une blancheur dent de lion
sous le vent l’aigrette
©Perle Vallens

Les grains trouvent leur chemin
Un à un ils coulent
frémissement immobile
en sourire minéral
Minuscules pétales
gravissent et escaladent
progressent à l’envers
glissent, avancent
font marche arrière
silencieux sous les plis
disparaissent dans l’oubli
de la peau muette
©Perle Vallens
Naufrages et épaves est un ouvrage collectif d’une toute nouvelle maison d’édition, les Editions des Embruns, créée par Jean-Baptiste Seigneuric. Y participent une trentaine d’auteurs et illustrateurs, poésie classique ou contemporaine, nouvelles, contes, diverses narrations oniriques classées par thématiques.
L’océan, les tempêtes, les créatures marines… Tels sont les ancrages du livre et plus généralement des Editions des Embruns.

Je suis heureuse d’y signer Corps naufragé, un poème érotique, classique versification en hommage aux grands poètes du XIXème siècle, dont voici le début :
Je m’abreuve à l’océan sombre de ses yeux,
Je bois à vif l’écume fraîche de sa bouche
Sirène allongée à l’ombre de ses cieux
Et bercée encore par sa main qui me touche (…)


©Perle Vallens
Le numéro d’août de la revue Lichen est paru, avec de belles voire très belles choses à lire.
On y retrouve Eveil, poème tiré du recueil Poupée (qui cherche éditeur, avis…), à lire ici.